Vivre léger
M’étant mis à la randonnée en montagne, je me suis intéressé aux enseignements des « MUL », les marcheurs ultra-légers. L’idée est simple : quand on marche, le confort et la sécurité ne sont pas dans la profusion d’objets éventuellement utiles ; ils sont dans l’allègement maximal du sac-à-dos, jusqu’à se restreindre au strict nécessaire dans sa version la plus légère. On fatigue moins. Les douleurs viennent plus lentement. On a meilleur équilibre. Les plus engagés partent pour plusieurs semaines avec deux kilos sur le dos (hors eau et nourriture). Sans aller jusque là, on peut gagner un poids précieux en se posant les bonnes questions.
Quand j’ai fermé mon compte Facebook la semaine dernière, j’ai senti dès le lendemain comme un espace libre. Une légèreté. Je ne m’y attendais pas car je ne passais pas beaucoup de temps sur le site. Mais entre les minutes gagnées chaque jour, les mails de notification en moins, le lien disparu de la barre des favoris, l’application supprimée du téléphone, j’ai libéré un peu de place dans ma vie. Me rappelant les MUL, je me suis demandé : peut-on, comme on cherche à marcher ultra-léger, tenter de vivre, sinon ultra, au moins plus légèrement ? Peut-on supprimer totalement certains éléments pas indispensables du quotidien ? Peut-on simplement en alléger d’autres ? Quelles sont les questions à se poser pour y arriver ? Il ne s’agit pas, bien sûr, de vider sa vie. Je pourrais cesser tout loisir, je gagnerais du temps mais à quoi bon ? Il s’agit de trouver ce qui, en moins, ou différemment, serait un plus. Il n’y a pas que du temps à gagner. Il y a du stress à supprimer. Des préoccupations ou des tâches agaçantes dont on peut se défaire ou que l’on peut rendre plus agréables. On peut imaginer améliorer son état physique. Son état mental. On a tous un tas d’épines dans le pied auxquelles on a fini par s’habituer, au point qu’on n’imagine plus à quel point il serait agréable de les retirer.
L’important est d’obtenir un bilan global positif. Simplifier plutôt que contraindre. En un mot, alléger. Il n’y a sûrement qu’à regarder. Je m’attends à des réponses simples : installer une prise multiple pour ne plus débrancher sans cesse tel appareil ; mensualiser les impôts pour ne plus y penser ; arrêter de regarder machinalement telle émission de télé à la con ; se demander si on fait ses courses au bon endroit ou si c’est juste une habitude ; tester de nouvelles routes pour les trajets quotidiens ; arrêter d’être radin sur certains produits pour gagner trois malheureux euros par mois ; arrêter de faire dix trucs en même temps ; se désabonner de cette newsletter qui pollue votre mail chaque matin ; etc. Si les réponses sont simples, tout le travail est dans l’attention que l’on doit porter à soi-même pour se poser les bonnes questions.
Comment faites-vous, vous, pour vivre ultra-léger ?
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